Remède de grand-mère pour certains, engrais foliaire pour d’autres, le purin d’ortie est un incontournable du jardinage au naturel. Riche en azote, en minéraux et en oligo-éléments, il est réputé pour stimuler la croissance des plantes, renforcer leurs défenses contre les maladies et agir comme un répulsif efficace contre certains insectes. Pourtant, d’après une rumeur tenace, son utilisation serait illégale en France. Cette affirmation largement répandue chez les jardiniers amateurs comme chez les professionnels mérite que l’on s’y attarde. Alors, que dit vraiment la loi et quels sont les risques concrets si vous décidez d’utiliser du purin d’ortie pour vos végétaux ? Réponses dans la suite de cet article.
Quelle est l’origine de cette interdiction et pourquoi la confusion persiste-t-elle ?
L’origine de l’interdiction du purin d’ortie en France remonte à la loi d’orientation agricole de 2006. Ce texte a instauré une règle selon laquelle tout produit se revendiquant comme phytosanitaire, c’est-à-dire destiné à soigner les plantes, devait obtenir une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Le purin d’ortie, comme d’autres préparations naturelles, s’est retrouvé de fait dans une situation d’illégalité.
Concrètement, il était interdit non seulement de le commercialiser, mais aussi de promouvoir ses recettes sous peine de sanctions sévères. Cette période a marqué les esprits et a fortement ancré l’idée que le purin d’ortie était un produit prohibé. Heureusement, la situation a évolué. Sous la pression des associations et des agriculteurs, la législation s’est assouplie, notamment avec la loi Labbé puis la loi EGAlim qui ont progressivement réhabilité l’usage de ces ‘’Préparations Naturelles Peu Préoccupantes’’ (PNPP).

Que dit la réglementation aujourd’hui au sujet du purin d’ortie ?
Actuellement, le purin d’ortie n’est pas interdit pour un usage personnel. Vous avez parfaitement le droit de fabriquer votre propre purin d’ortie pour votre jardin ou votre potager. La confusion qui subsiste vient de la réglementation qui encadre sa commercialisation et son utilisation à grande échelle. Depuis 2021 en effet, la loi autorise la vente de préparations à base de plantes si celles-ci sont listées comme consommables par l’homme ou l’animal. L’ortie (Urtica dioica) fait partie de cette liste. Un producteur peut donc commercialiser du purin d’ortie s’il respecte un cahier des charges précis.
Quels risques agronomiques présente l’utilisation du purin d’ortie ?
Pour le jardinier amateur, les risques liés à l’utilisation du purin d’ortie ne sont donc pas légaux, mais plutôt agronomiques. Une mauvaise utilisation du purin d’ortie peut avoir des conséquences néfastes sur vos plantes. Voici les principales erreurs à éviter :
- le surdosage : le purin d’ortie est très riche en azote. Une utilisation excessive ou trop concentrée peut brûler les jeunes racines ou provoquer une forte croissance du feuillage au détriment des fleurs et des fruits ;
- attirer les pucerons : un excès d’azote rend les tissus des plantes plus tendres et plus appétissants pour les pucerons ;
- le mauvais moment d’application : on évite d’en pulvériser en plein soleil pour ne pas abîmer le feuillage et on cesse les apports sur les légumes-fruits comme les tomates dès l’apparition des fleurs pour ne pas contrarier la fructification.
L’utilisation du purin d’ortie est donc avant tout une question de bon sens et de dosage. Lorsqu’il est utilisé avec parcimonie en diluant 1 litre de purin pour 10 litres d’eau, il reste un excellent allié pour un jardinage respectueux de l’environnement.
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Passionnée par l’artisanat et les intérieurs contemporains, Justine partage son expertise en design et en décoration.